Témoignage

Marie-Josée Beauchamp

Un travail d’équipe pour retrouver mon indépendance

Avec l’aide des spécialistes de l’IRGLM, j’ai surmonté une quadruple amputation

Aujourd’hui, la Fondation RÉA a besoin de vous pour aider des gens dans leur réadaptation suivant un accident, une maladie, etc.

Dans mon cas, durant l’été 2017, à 36 ans, ma vie a changé, en raison d’une infection au streptocoque du groupe A (bactérie mangeuse de chair) et qu’on a dû amputer mes mains et mes pieds. Après avoir frôlé la mort, passé plus d’une semaine dans le coma et vécu un séjour très difficile à l’hôpital, je suis arrivée à l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal (IRGLM) en piètre état physique et moral.

Toutefois, dès mes premiers instants sur place, j’ai été prise en main de manière rassurante. De plus, j’y ai rencontré toutes les personnes avec lesquelles j’allais travailler dans les semaines suivantes: médecins, ergothérapeutes, physiothérapeutes, prothésistes, etc.
L’accueil de ces gens, leur chaleur, leur humanisme, tout cela m’a encouragée, même si j’avais à peine conscience de ce qui se déroulait, étant assommée par la médication et par l’ampleur de la situation.

Encouragement et inspiration
L’avenir allait me donner de l’espoir. Ainsi, tôt durant mon séjour, la prothésiste Josée Dubois a posé un geste significatif et stimulant pour moi. Elle m’a fait rencontrer un homme ayant aussi subi une quadruple amputation plusieurs années auparavant. J’ai pu constater qu’il vivait seul, était autonome, pratiquait la randonnée, conduisait sa voiture, etc. Cela m’a fait voir que le tout était à ma portée et que je pouvais aspirer à retrouver une certaine indépendance.

Une confiance acquise par des mouvements qui, autrement, m’auraient semblé impossibles

Marie-Josée Beauchamp

Autre facteur déterminant: j’étais toujours entourée. Cette présence constante m’a apaisée et m’a donné confiance. En plus, parce que je n’avais aucun contrôle sur mon corps, les experts de l’IRGLM m’incitaient toujours à reconquérir celui-ci. Un exemple à ce sujet: la physiothérapeute Danielle Petitclerc travaillait avec moi chaque jour. Cet entraînement avait pour but de me permettre de remarcher. Il consistait d’abord en des exercices à quatre pattes, puis à genoux, donnant ainsi de la force à mon tronc.

Toujours au chapitre des progrès, la prothésiste Josée Dubois a aussi été une proche complice. Elle a entre autres pris les moules et fabriqué mes prothèses, en plus de concevoir une marchette adaptée. Cela m’a permis de me tenir debout moins d’un an après mes amputations. Josée continue d’ailleurs d’apporter des ajustements à mes différents outils et appareils pour en optimiser l’efficacité et me les rendre confortables. Les ergothérapeutes Julie Comtois et Marie-Hélène Forest, pour leur part, m’ont proposé plusieurs trucs en lien avec l’hygiène, l’habillement et l’agilité de mes prothèses membres supérieurs.

Aussi, j’ai bénéficié de l’aide précieuse d’une éducatrice spécialisée du Centre Lucie-Bruneau pour l’évaluation de mes capacités à conduire une voiture. On m’a ensuite fabriqué des appareils simples (manchon, adaptateur, extension) que je n’ai maintenant qu’à installer sur une automobile courante pour me la rendre utilisable.

 «J’ai été touchée par le souci de l’équipe de l’IRGLM de toujours recourir à des approches personnalisées.»

Retrouver force, endurance et équilibre
À mesure que j’ai pris des forces, les exercices ont augmenté en intensité. Par exemple, la physiothérapeute Laura Casu m’a accompagnée lors de longues marches visant à développer mon endurance. Elle m’a aussi fait travailler pour améliorer mon équilibre, monter et descendre des escaliers avec plus d’aisance, etc. Marianne Ruel, également physiothérapeute, a marché avec moi quand j’ai enfilé – avec succès – des raquettes pour profiter des joies de l’hiver. Elle m’a aussi accompagnée lors de sorties dans le métro, à l’épicerie, etc. Cela m’a donné la confiance de reprendre ces activités quotidiennes par moi-même.

De son côté, la kinésiologue Anne-Marie Beaupré m’a suggéré de participer aux cours de danse donnés à l’IRGLM. Non seulement j’y ai bonifié mon endurance et mon équilibre, mais j’ai acquis de la confiance par des mouvements qui, autrement, m’auraient semblé impossibles.

«De l’expertise, un profond engagement et une grande patience.»

Soutenons nos aidants
Il n’y a aucun doute que je ne serais pas là où je suis aujourd’hui sans l’IRGLM. Plus qu’un métier, j’y ai senti que les membres de son équipe sont animés par une vocation. Tous ont démontré à la fois de l’expertise, un profond engagement et une grande patience.

Aujourd’hui, je suis sereine, j’aime ma vie et je suis très fière de tout ce que j’ai accompli. Je suis aussi fière de mes prothèses et je les aime au point de les montrer aux gens et de leur en expliquer le fonctionnement.

Je vous encourage à soutenir la fondation hospitalière qui épaule l’Institut universitaire sur la réadaptation en déficience physique de Montréal.

Aujourd’hui, votre don permet à des centaines de gens de recevoir une aide financière directe avec le Fonds d’aide aux bénéficiaires, des soins de haute qualité, un encadrement professionnel et l’aide de spécialistes dévoués.

Marie-Josée Beauchamp, 41 ans