Témoignage

Jérémy Deguire

Un parcours marqué par la volonté de redevenir autonome

En septembre 2023, un grave accident de vélo m’a paralysé quand une vertèbre a écrasé ma moelle épinière. Après un séjour à l’hôpital, j’ai amorcé ma réadaptation à l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal (IRGLM).

Pendant huit semaines, j’y ai travaillé avec un ergothérapeute et un kinésiologue dans le but de pouvoir exécuter divers gestes courants du quotidien : passer du fauteuil roulant au lit, utiliser la toilette, enfiler des vêtements, etc.

Puis, petit à petit, nous avons travaillé à des manœuvres plus complexes, comme le transfert du fauteuil au sol et l’inverse. À ce sujet, je tire une grande fierté de réussir à passer d’un à l’autre, car on m’a indiqué que peu de gens y parviennent.

Il faut dire que ma quête d’autonomie me motivait sans cesse. En plus de pouvoir poser des actions de tous les jours, je tenais à retrouver mes forces afin de reprendre au même niveau mes multiples loisirs et activités sportives.  

De fait, mes progrès ont été si rapides qu’ils m’ont incité à vouloir mettre plus de temps aux exercices de réadaptation que les deux heures que je leur consacrais chaque jour. Les experts de l’IRGLM m’ont toutefois fait comprendre qu’il était préférable de suivre le protocole et de permettre ainsi à mon corps de se reconstruire sans être surtaxé.

 «Je continue de vivre, d’être actif et d’envisager avec enthousiasme une carrière en architecture.»

Retrouver ce que j’aimais

Le fait d’être jeune et en bonne condition physique m’a certes permis de retrouver vite l’autonomie espérée. Toutefois, sans l’équipe de l’IRGLM, je ne serais pas arrivé à poursuivre les activités que j’adorais avant mon accident : vélo, plein air, ski, camping, etc. 

Bien entendu, leur pratique est moins spontanée que jadis. Par exemple, j’ai besoin d’aide pour fixer mes pieds dans les étriers de mon vélo. Ou encore, en randonnée, il me faut de l’assistance quand les roues de mon fauteuil adapté s’embourbent et se mettent à tourner dans le vide.

Toutefois, l’autonomie retrouvée et la conservation dans ma vie d’activités précieuses à mes yeux me rendent serein face aux événements. En fait, je songe très peu à l’accident et à ses conséquences. Je continue de vivre, d’être actif et d’envisager avec enthousiasme une carrière en architecture. Si je ne peux plus construire des bâtiments comme je l’espérais en étudiant en menuiserie-charpenterie, je peux, en revanche, en créer les plans. Et cela me rend heureux.

Redonner au suivant

Mon passage à l’IRGLM a fortement contribué à cette remise sur pied. Son équipe a été merveilleuse, et je suis demeuré en contact avec ses membres. D’ailleurs, dans l’esprit de contribuer à ma façon, j’ai publié des tutoriels sur Youtube destinés à des gens qui se retrouveront éventuellement dans ma situation. 

Par exemple, j’y explique comment s’y prendre pour passer du fauteuil roulant au sol. Tant mieux si ces vidéos s’ajoutent aux outils des spécialistes de l’IRGLM dans leur mission de redonner autonomie et fierté aux gens.

Vous pouvez vous aussi participer à la réadaptation réussie de gens de tous les âges en soutenant la Fondation RÉA.

Jérémy Deguire, 19 ans, étudiant en technologie de l’architecture au Collège Montmorency et boursier de la Fondation RÉA

Jérémy Deguire