Témoignage

Geneviève Gagné

Un soutien indispensable pour mon acceptation et mon évolution

En 2021, j’ai passé à l’institut Raymond-Dewar un test d’audition en lien avec une surdité neurosensorielle sévère dépistée à 5 ans. De retour à l’université afin d’y étudier en ergothérapie, je souhaitais obtenir le statut de handicapée pour recevoir de l’aide financière aux études.

On m’y a présenté divers services, dont l’orthophonie. Toutefois, je me disais : « Pourquoi l’orthophonie? Je n’éprouve aucun problème de diction! » En effet, j’ai toujours porté grande attention à ma prononciation, de façon à camoufler mon handicap. On m’a cependant expliqué que l’orthophonie améliorait les capacités de lecture labiale et m’aiderait à mieux communiquer avec plus de personnes.

Trucs pratiques et résultats immédiats

À Raymond-Dewar, j’ai appris à mieux poser des questions pour saisir toute l’information. Aujourd’hui, je redoute moins de parler aux gens, je suis plus à l’aise avec mes amis et je me pardonne lorsque j’ai du mal à entendre dans des conditions défavorables. J’ai apprivoisé mes difficultés, j’apprécie mieux mes forces et je maîtrise davantage l’effort d’écoute engendré par la nécessité de remplir un message troué. 

De plus, j’y ai suivi un traitement psychosocial lié à la surdité. À tort, je croyais avoir terminé mon travail d’acceptation. Pourtant, je cachais toujours mes appareils auditifs derrière mes cheveux. J’y ai reçu des outils indispensables. Maintenant, je connais mes besoins pour une communication efficace et j’ai moins honte de ma surdité.

« À tort, je croyais avoir terminé mon travail d’acceptation. »

Plus d’autonomie

Il m’est aussi plus facile de fonctionner sans mes appareils auditifs. Par exemple, si leurs piles faiblissent, je me sens moins démunie. Si l’on me parle, mais que je ne porte pas mes appareils, je peux tenter de comprendre ce qu’on me dit plutôt que refuser toute communication. C’est libérateur.

On m’avait indiqué qu’avec mes appareils, je n’avais plus de handicap. J’attribuais donc mes difficultés à des lacunes personnelles ou à un manque de volonté. À la longue, c’est douloureux et décourageant. Maintenant, je comprends mieux ma réalité et je suis plus consciente des choses sur lesquelles je peux agir.

« Je suis plus consciente des choses sur lesquelles je peux agir. »

Faire la différence

Mille mercis aux spécialistes de Raymond-Dewar et aux donateurs à la Fondation RÉA, dont je sens chaque jour le soutien. À ce sujet, j’ai récemment obtenu, comme 14 autres étudiants, une bourse de 3000 $.

Parce qu’il m’est impossible de travailler en même temps que d’étudier en ergothérapie, ce coup de pouce me permet de me concentrer sur mes études sans craindre les factures, de vivre avec dignité sans mettre ma santé en péril. L’aide reçue à différents moments de ma vie a fait une différence énorme. J’espère d’ailleurs redonner à la communauté lorsque je serai ergothérapeute.

Contribuer à la Fondation RÉA permet à des gens de réaliser des rêves, de s’accomplir et de rendre notre monde meilleur.

Geneviève Gagné, 33 ans, étudiante en ergothérapie à l’Université de Montréal