Aron Korenblit

Poussé par la motivation de neuf professionnels

Vadim Korenblit a retrouvé une vie normale après un AVC et un coma.

Je suis Aron Korenblit. L’histoire que je vais vous raconter n’a pas de fin tragique ni même de mort. Elle ne contient pas de superhéros à proprement parler. Seulement des gens ordinaires avec une vie paisible et bien rangée. Cette histoire est celle de mon père, Vadim, et de ma famille.

Durant l’automne 2012, je me trouvais à l’étranger dans le cadre d’un échange étudiant. Un soir, mon téléphone sonne. « Aron, prends le prochain vol vers Montréal, car ton père se fait opérer pour une hémorragie crânienne à la suite d’un AVC. Sa vie est en danger. »

Il avait alors 47 ans.

Un avenir incertain

À mon arrivée, il était dans le coma et son état était stable. Les médecins ne pouvaient prédire dans quel état il se réveillerait. Ils nous ont toutefois informés que l’avenir ne serait peut-être pas rose, mais qu’un futur allait tout de même être possible.

Après un mois dans le coma, mon père s’est enfin réveillé. Il avait le côté gauche complètement paralysé. Il baragouinait du russe approximatif (sa langue maternelle), ne parlait plus français ni anglais. J’essayais en vain de comprendre ce qu’il me disait.

Une question a alors surgi au sein de ma famille : Que fait-on maintenant?

« Il baragouinait du russe approximatif (sa langue maternelle), ne parlait plus français ni anglais. »

Retrouver tout ce qui était perdu

C’est à ce moment que les physiothérapeutes, ergothérapeutes, neuropsychologues et infirmières de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal (IRGLM) sont entrés en scène. Pour mon père, un long séjour a alors commencé en réadaptation. Chaque jour, il était pris en main du matin au soir et a dû recevoir de trois à cinq heures de thérapie. Au programme : réapprendre à s’habiller, manger, parler, marcher. Bref, réapprendre tout ce qu’il avait perdu.

Je l’ai suivi pendant deux jours à l’IRGLM. Les employés ne rigolaient pas, et chaque séance permettait de travailler un aspect différent. Vers 16 h, une fois la journée de thérapie terminée, il était épuisé tant sur le plan mental que physique. Une sieste s’imposait alors.

« Au programme : réapprendre à s’habiller, manger, parler, marcher. Bref, réapprendre tout ce qu’il avait perdu. »

Malgré la barrière linguistique et la fatigue, il a travaillé d’arrache-pied. Sa motivation était aussi forte que celle de l’équipe de neuf professionnels qui l’accompagnaient. Leur objectif : que mon père quitte l’IRGLM sur ses deux pieds et soit autonome. Pour eux, rien n’était impossible. Après quelques mois, il a effectué ses premiers pas à l’aide d’une canne et a prononcé ses premières phrases compréhensibles.

Un miracle inespéré

Six mois après son admission, il a quitté l’IRGLM sans fauteuil roulant et avec une nouvelle indépendance. Aujourd’hui, il est complètement autonome et il s’est reconstruit une vie.

Sans l’IRGLM, sa vie et la nôtre auraient été bien différentes. Je ne pourrai jamais assez remercier les experts qui ont pris soin de mon père. Finalement, il y a peut-être des superhéros dans mon histoire!

Grâce à vos dons à la Fondation RÉA, des gens comme mon père pourront réapprendre à vivre.

« Aujourd’hui, il est complètement autonome et il s’est reconstruit une vie. »

Aron Korenblit
Raconte l’histoire de son père Vadim, victime d’un AVC – 2012